Machete Kills : Une serie B pas rasoir
Trois ans après le premier coup de machette, le mexicain le plus tranchant des années 2000 revient en grande forme dans ce second opus encore plus déjanté. Émaillé de scènes sanguinolentes, de second degré salutaire, de jolies pépées plantureuses, le tout enrobé de grand n'importe quoi, Machete Kills assure l'essentiel : donner au spectateur de quoi se payer une bonne tranche.
Une chose est sûre, faut pas emmerder Machete. Suite à la mort de sa petite amie Sartana (Jessica Alba), l'ex-agent fédéral mexicain accepte la mission suicide que lui propose le président des Etats-Unis (Charlie Sheen): empêcher Cortez (Demian Bichir), un redoutable chef de cartel,d'envoyer un missile nucléaire sur Washington...
Comme tout bon film Grindhouse qui se respecte, Machete Kills débute par la bande annonce d'une prochaine sortie ciné, et quelle bande annonce ! En moins d'une minute, Robert Rodriguez conquiert le spectateur à sa cause, condensant en quelques images les point forts de ce genre de productions, à savoir, du fun, du kitsch et du sang. Placé dans une situation des plus confortable, ne reste plus qu'à savourer pendant près de deux heures l'art délicat de la cisaille et du découpage en règle.
Car niveau baston, Machete Kills n'a rien à envier à son aîné. D'une imagination débordante, le cinéaste recèle de trouvailles, comme les tétons flingueurs ou l'incontournable sex gun, pour imprimer sur pellicule des mises à mort singulières. En plus de son arme fétiche, Machete emploie également un hélicoptère, un bateau, des intestins ou encore des armes 2.0, bref, de quoi être rigoureux dans le massacre de masse.
La machette j'achète
L'incroyable pied que procure Machete Kills provient aussi et surtout de sa troupe d'acteurs composée de persona non grata, de nouveaux venus, de vieux de la vieille et de bimbos qui ont le vent en poupe. Stoïque et s'exprimant tel Alain Delon, Danny Trejo apporte sa "gueule" au personnage, Charlie Sheen fait une apparition remarquée en président adepte du triolisme et des armes à feux, Amber Heard amène sa plastique à la miss San Antonio prête à tout pour gagner sa couronne, Lady Gaga, elle, s'auto parodie pour son premier rôle au cinéma.Mais la partition la plus impressionnante vient d'un pestiféré Hollywood, d'un has been qui va sûrement vite remonter la pente, il s'agit bien évidemment de Mel Gibson. Mad Max surprend son monde en bad guy façon James Bond. Drôle, charismatique, le comédien éblouit de sa classe le long métrage.
Bourré de références, d'humour noir, de violences frappadingues et d'un casting hétéroclite, Machete Kills ne déçoit pas. Utilisant les mêmes ingrédients que le précédent épisode, Robert Rodriguez semble s'amuser comme un fou sans délaisser pour autant le spectateur dans sa folie. Les premières images de la troisième aventure du Machete annonce un pas de plus dans l'aberration totale. Vivement la suite !
