Snowpiercer, le Transperceneige : Une SF pas frileuse
Avec Snowpiercer, le Transperceneige, le coréen Bong Joon Hoo s'expatrie à Hollywood pour adapter la BD éponyme des français Jean-Marc Rochette et Jacques Lob, publié dans les années 80. En grande forme, le réalisateur de The Host insuffle un vent libertaire à grand coup de haches, de scènes virtuoses et d'humour décapant.
2093, la terre est en proie à une nouvelle ère glacière. Les survivants ont tous embarqué dans le snowpiercer, train gigantesque capable de fendre la glace. A l'intérieur de cet engin futuriste contraint de faire le tour de la Terre sans jamais s'arrêter, la population s'est de nouveau divisée en classes, les pauvres à l'arrière, les riches devant. Menés par Curtis (Chris Evans) et Gilliam (John Hurt), les queutards se révoltent et partent à l'assaut de l'avant du train...
L'année 2013 n'a pas été avare de films post-apocalyptique. Entre After Earth, World War Z ou encore Elysium, le spectateur à eu le droit à son taux annuel d'extermination de masse. Snowpiercer n'échappe pas à la règle mais à l'inverse de certains de ses prédécesseurs, évite l’écueil de l'ennui et/ou du ridicule.
Cette agréable surprise est bien sûr apportée par la valeur ajoutée Bong Joon Ho. Ce qui sonnait comme une oeuvre banale, mineure de la science fiction apparaît, au final, plus complexe et sophistiquée. Dans ce huis-clos ferroviaire, le cinéaste place idéalement sa caméra dans les couloirs étriqués des wagons, offrant des scènes spectaculaires et intenses, telle qu'une bataille rangée à la hache ou l'arrivée d'une flamme d'espérance. Conçu comme un jeux vidéo, Snowpiercer traverse les niveaux, proposant ainsi une variété de tableaux comme une salle de classe, un night club ou bien un restaurant à sushi. Violent, nerveux et féroce, Bong Joon Ho n'oublie pas pour autant d'y injecter une bonne dose d'humour au moment les plus critiques grâce, notamment, aux personnages de Mason (Tilda Swinton), garante de l'ordre et Namgoong Minsoo (Song Kang-Ho), concepteur du train et toxicomane notoire.
Marx attaque
Si action et ironie font bon ménage, une petite touche de dénonciation d'une société égoïste agrémente encore un peu plus la qualité du long métrage. A travers cette nouvelle lutte des classes, le metteur en scène montre la faiblesse de l'être humain, reproduisant les mêmes erreurs que par le passé, dans des périodes troubles. Critique d'une mondialisation destinée à diviser et à laisser les plus faibles sur le bord de la route, Snowpiercer pose la question du rôle de leader sur l'intérêt commun lors du dialogue entre Curtis (Chris Evans) et Wilford, créateur et maître de la machine.
Propos intelligent, visuellement époustouflant, Snowpiercer, le Transperceneige créé la surprise en offrant mieux qu'un simple film post apocalyptique. Bong Joon Ho réussit avec mention son passage à la langue anglaise et parvient à embarquer le spectateur dans cet enfer confiné.
