Star Wars-Le Réveil de la Force: Papy fait de la Résistance
10 longues années se sont écoulées pour les fans de la saga intergalactiques. Le temps pour Georges Lucas de céder sa boîte de productions Lucasfilm au mastodonte Disney, qui s'est empressé de s'atteler à une nouvelle trilogie. Star Wars 7 : Le Réveil de la Force en est le 1er épisode. L'attente en valait-elle le coup? Bien que le spectacle soit au rendez-vous, ce grand retour sent tout de même un peu le réchauffé.
30 ans après la victoire des rebelles sur l'Empire, la Résistance a encore quelques soucis avec un nouvel ennemi, le Premier Ordre. Seul le retour de Luke Skywalker permettrait de croire en la victoire finale.
Une chose est sûre. Entendre retentir dans les salles obscures la musique de John Williams tout en voyant apparaître le fameux logo procure des frissons d'excitation et de nostalgie. Le réalisateur J.J Abrams souhaitait se rapprocher de la trilogie originelle et cela va sans dire qu'il y parvient haut la main. Star Wars - Le Réveil de la Force fait voyager le spectateur dans une galaxie lointaine, très lointaine, chère aux fans de la première heure. Des décors désertiques aux forêts verdoyantes en passant par des plateaux enneigés, une pléiade de créatures, sans oublier les épiques batailles spatiales.
Un terrain de jeux familier qui l'est encore plus avec le retour des anciens. Notre âme d'enfant se réveille et a envie d'applaudir devant l'apparition de Han Solo (Harrison Ford) et Chewbacca. Le contrebandier le plus connu de la galaxie a d'ailleurs une place importante dans le film, protagoniste de quelques moments de bravoures et jouant les mentors pour les deux petits nouveaux, Finn (John Boyega) et Rey (Daisy Ridley). Tout le contraire de Leia (Carrie Fisher) qui, bien que Générale, se voit offrir un rôle mineur. A 71 ans, Harrison assure, prouvant bien que papy peut encore faire de la résistance.
A New Hope... Again
Ceci étant dit, plus Star Wars-Le Réveil de la Force avance, plus on se demande si Abrams et Disney ne prennent pas le spectateur pour un imbécile. Là où il avait réussi à surprendre avec sa mise au goût du jour de Star Trek, le cinéaste semble se reposer sur les acquis de la saga pour l'épisode VII. Cette entrée en matière de la nouvelle trilogie est un calque ahurissant de l'épisode IV, Un Nouvel Espoir, sorti en 1977. Même trame, mêmes rebondissements, mêmes scènes, mais en moins bien. Le spectateur a très vite un sentiment de déjà-vu. Un sentiment bizarre déjà ressenti au visionnage des Trois Frères, le Retour. Bref, une sorte de remake mais au potentiel émotionnel moindre. La faute peut-être à l'absence de surprise et à des personnages moins charismatiques (Un Kylo Ren en pleine crise d'adolescence et un grand méchant ridicule. Rendez-nous Palpatine!).
Même la mise en scène de J.J Abrams semble grippée, oubliant d'injecter un supplément d'âme aux séquences d'action. Les combats aux sabres lasers, plus rudes mais manquant de souffle, ne procurent pas d'émotions. Tout comme les ballets des vaisseaux spatiaux, carrés mais pas épiques.
Blockbuster calibré, un peu trop, peut-être, pour parvenir à retrouver la fraîcheur et l'émotion de la première trilogie, Star Wars-Le Réveil de la Force penche du côté obscur à cause d'une histoire copié-collé d'Un Nouvel Espoir. Reste un bon divertissement et le plaisir de revoir les anciens.
