Trance : Pas transcendant
Danny Boyle aime les idées fortes. Après 127 heures, où l'on suivait James Franco tenter de survivre au fond d'une crevasse, le britannique se met à l'hypnose avec Trance. Ce qui devait être un grand thriller psychologique, questionnant sur le fonctionnement du cortex humain, tourne finalement en eau de boudin et ce, malgré une mise en scène encore une fois irréprochable.
Commissaire-priseur expert dans les œuvres d'art, Simon (James McAvoy) s'associe à Franck (Vincent Cassel) et sa bande afin de dérober le très convoité tableau de Goya, Le vol des sorcières, estimé à plusieurs millions de dollars. Seulement, après avoir reçu un violent coup sur la tête, Simon se réveille sans la moindre idée d'où il a pu caché le tableau. Franck engage alors une spécialiste de l'hypnose (Rosario Dawson) pour tenter de découvrir la réponse dans les méandres de l'esprit de Simon...
Usant et parfois même abusant de son style si caractéristique, à base d'effets de caméras, de montage nerveux et de musique techno, Danny Boyle nous mijote avec Trance, une sorte d'Inception sous acides. Tout nous fait irrémédiablement penser au chef d'oeuvre de Nolan, le pouvoir d'intégrer dans l'esprit d'un individu, à son insu, une idée ou encore la notion de niveaux que comporte notre pensée. Le cinéaste remixe ces thèmes à sa façon et prend le contre pied de ce dernier en offrant au spectateur un film pop aux couleurs chaudes saupoudré de sexe et de violence. La scène d'introduction relatant le braquage est sans aucun doute la séquence la plus aboutie du long métrage.
Boyle se prend un bouillon
D'où la déception grandissante plus on avance dans l'histoire. Il ne suffit pas d'une réalisation clinquante et chiadée pour fabriquer un bon film, et cela, Danny Boyle a trop tendance à l'oublier. Comme pour 127 heures le metteur en scène, à trop se concentrer sur sa caméra, délaisse le scénario, et propose alors du vide dans un bel écrin. Le monde de l'art dans lequel se déroule l'intrigue, n'est pas utilisé à sa juste valeur, les trop nombreux rebondissements fatiguent le spectateur. De twists en twists, de plus en plus ridicules, Trance se perd pour, au final, aboutir à une conclusion digne des plus mauvaises séries B. Dans ce amas de non sens, la seule réussite de Danny Boyle a été de convaincre la sublime Rosario Dawson de se mettre entièrement nue pour une scène qui nous rappelle au bon souvenir du premier American pie.
Doté d'un casting impeccable, James McAvoy en tête, et d'une réalisation originale, Trance avait tout l'air du grand thriller psychologique que l'on attendait. Hélas Danny Boyle ne parvient qu'à accoucher d'une souris, n'arrivant ni à hypnotiser le spectateur, ni à le transcender.
